Les artistes en résidence

Après les ensemble Le Baroque Nomade et Archimusic, le Centre d'art et de culture et l'espace culturel Robert-Doisneau accueillent en résidence la compagnie Opéra.3 - dirigée par Jeanne Debost - autour de leur nouvelle création Le Vaisseau Fantôme, composée par Richard Wagner dans sa maison de Meudon en 1841. 

 

Ville incontournable de la période Grand Siècle, Meudon est inscrite très fortement dans la mise en valeur de son patrimoine culturel, notamment depuis 2013, avec l’ouverture de l’Orangerie et de la salle du Bastion pouvant accueillir notamment de petits concerts de musique de chambre. Le Conservatoire à Rayonnement Départemental de Meudon a, quant à lui, été rénové en 2016, et un auditorium d’une capacité de 130 places, a ouvert ses portes en 2017.

C’est naturellement qu’unfil rouge autour de la musique, toutes musiques confondues, traverse chaque saison avec l’accueil d’équipes artistiques en résidence. Ont ainsi été accueillis en résidences de territoire soutenues par le Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Ile-de-France, l’Ensemble Baroque Nomade de 2014 à 2017 puis l’Ensemble Archimusic de 2017 à 2019.

Les deux résidences territoriales longues avec le Baroque Nomade et Archimusic ont permis une véritable rencontre entre les artistes accueillis et le public de Meudon et ses alentours, de plus en plus nombreux. Elles ont été l’occasion également de réunir un grand nombre d’acteurs locaux autour des projets permettant de faire voyager le public dans des formes artistiques et des lieux de représentation très variés...

 

La ville de Meudon souhaite poursuivre cette démarche d’ancrage territorial autour de la musique en invitant pour la saison 2019/2020 la compagnie Opéra. 3 dirigée par Jeanne Debost.

Avec la création de son nouveau spectacle Le Vaisseau Fantôme, le partenariat avec la compagnie Opéra. 3 a trouvé un écho assez évident par rapport à la mise en valeur du patrimoine culturel de la ville, cet opéra ayant été composé par Wagner en 1841 dans sa maison de Meudon. Par ailleurs, l’approche innovante de l’œuvre qui mêle le lyrique à d’autres disciplines (arts plastiques, théâtre, musiques actuelles…), la capacité d’Opéra. 3 à s’adapter aux publics et aux lieux en créant des formats originaux et mobiles ont incité la ville à accompagner la compagnie dans son projet et à co-construire avec elle un projet en adéquation avec les acteurs locaux.

Le Vaisseau Fantôme, une aventure lyrique de chambre

 

 

La création de la version scénique du Vaisseau Fantôme sera le projet phare de la résidence.

 

Une version concert a été créée dans un premier temps à l’Orangerie de Sceaux le 15 novembre 2018. Il s’agit à présent de réunir les chanteurs et comédiennes autour des musiciens, de créer la scénographie et la mise en scène afin d’aboutir à 2 représentations qui seront données les 30 et 31 janvier 2020 au Centre d’art et de culture.

Opéra.3 propose ici de revisiter l’œuvre du Vaisseau Fantôme pour en produire une version réduite en musique de chambre, chanté en allemand et conté en français, interprété en langue des signes française et chansigne, pour 7 musiciens, 3 chanteurs et 2 comédiennes.


Une œuvre majeure ré-interprétée pour explorer l’essentiel

En proposant une version réduite en musique de chambre de la version originale du Vaisseau Fantôme, la compagnie Opéra.3 doit aller chercher l’essentiel de la légende, en opérant des choix dramaturgiques et musicaux forts et en permettant au public d’approcher un répertoire rare, car difficile à monter sur de petites scènes. Il s’agit aussi de lui donner une approche plus légère sans la trahir, tout en sortant des réductions pour piano : la penser comme une œuvre possible de musique de chambre.


Mise en scène et langue des signes

La mise en scène de cette version réduite en musique de chambre est portée par tous les protagonistes : les solistes, les comédiennes-chanteuses, mais aussi les musiciens, qui se déplacent et participent à l’approche visuelle de tout le spectacle. Tous s’attacheront à faire entendre la légende comme si elle était chuchotée à l’oreille du spectateur, de façon chorale. En choisissant de travailler sur une version à 12 artistes qui n’est pas une simple réduction, mais un véritable pari d’écriture musicale chambriste, les choix dramaturgiques se tournent naturellement vers une exploration intime et particulière de l’œuvre.

Le travail de découpage, d’introduction des personnages et de montage des scènes est inspiré de l’écriture d’un script de cinéma. La musique du Vaisseau Fantôme, présente en permanence, tendue comme un fil, tient la narration tel un long plan-séquence musical et scénique.

Le texte parlé peut être comparé à des indications de mise en scène en temps réel, et inaugure une forme de description poétique des espaces. Les corps et les visages sont mis en valeur par la lumière, dans un travail de clair-obscur proche des écoles du Nord. Le spectacle sera écrit comme une prise unique qui partira d’un panoramique du paysage pour finir vers un plan rapproché de l’intérieur du personnage de Senta.

La présence de la Langue des Signes et du Chansigne lyrique est une nouvelle approche de l’opéra, qui permet d’associer les personnes sourdes à cet art. Le lyri-signe permet d’exprimer non seulement les paroles de la musique mais également sa rythmique et sa poésie au public sourd et malentendant.


Adaptation musicale


En unissant un quatuor à cordes et trois instruments à vent avec trois chanteurs, l’idée est d’ouvrir une nouvelle voie intime, re-formuler l’œuvre musicale par la fluidité du petit ensemble, dans ce qu’elle a de romantique, de palpitant, en lui réservant aussi un véritable espace scénique. Tout en gardant une haute technicité instrumentale, une place importante sera donnée au jeu des musicen.nes dans l’espace, les libérant de leur partition le plus souvent possible, exigeant d’eux aussi d’utiliser leur voix parlée, chantée, et si possible plusieurs instruments (percussions, instrumentarium étendu en cours d’élaboration).

Wagner avait imaginé une œuvre mélangeant une écriture symphoniste et chambriste. Le projet d’arrangement de Félix Roth tourne autour de cette alternance : écho des fresques symphoniques Wagnériennes et nouveau regard chambriste sur cette œuvre. Jouer cette partition sur instruments et diapason romantique fait sens pour retrouver ce timbre si singulier de l’époque de Wagner.

 

 

Jeanne Debost, directrice artistique

Jeanne Debost nourrit son travail d’horizons artistiques multiples. Passionnée par la musique depuis son plus jeune âge, diplômée en Arts Visuels de l’Ecole Nationale d’Arts de Cergy, et en Arts de la Scène des Université de Paris 3 et 10, son approche du plateau est un savant mélange d’influences plastiques et théâtrales.

 

Son travail de mise en scène a pu être apprécié aussi bien dans des salles prestigieuses (théâtres, salles de concert) que des lieux plus alternatifs (friches, rue, écoles, centre de santé, établissements pénitentiaires, …).

 

Elle milite pour « une culture partagée », mettant ainsi l’accent sur un travail au plus près des populations de tout âge et de toute provenance culturelle en proposant des spectacles, partout et pour tous.

 

Elle met dans son travail une attention toute particulière au Public dans son acception la plus large : public jeune, et public de tout âge et de tout horizon qui découvre l'opéra et la musique.


 

Elle est directrice artistique de la Compagnie Opéra.3, où elle développe des spectacles lyriques innovants de formats multiples depuis 2007.

 

Elle a occupé en 2016 un poste de Conseil Artistique auprès des Jeunesses Musicales de France et est formatrice à la médiation auprès de jeunes musiciens de l’OFJ et des élèves et professeurs musiciens des CRD et CRR.

 

En parallèle, elle développe l'implantation territoriale des actions de la Compagnie sur les Hauts-de-Seine par des projets culturels forts qui s’articulent entre eux (projets avec les collectivités, projets de résidences, travail avec les publics, développement du travail avec les amateurs). Par exemple, le travail autour de Wagner en forme d’opéra de chambre se complète avec un projet du Chœur des Collèges des Hauts-de-Seine : « La Légende du Hollandais Volant », qui a été réalisé en juin 2018 à la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt.