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Exposition

POLARO?DS

Chem Assayag

Jusqu’à la fin du 20ème siècle prendre une photo était un processus qui demandait de l’attention, réfléchi, qui s’étirait habituellement dans la durée à travers les étapes du développement puis du tirage. Les photographies n’avaient alors quasiment pas d’existence en dehors de leur matérialisation sur un support papier et une photo ratée était la règle et non l’exception.

Les Polaroids sont d’une certaine façon une expression parfaite de ces temps révolus : on utilisait un appareil dédié avec des pellicules spécifiques,  le processus chimique du développement était visible, et le tirage s’incarnait immédiatement dans un format d’impression particulier. Puis l’irruption du numérique a tout changé. Prendre une photo est devenu d’une simplicité enfantine, la technologie optimisant les réglages à notre place, à un coût quasi nul, ce qui permet de multiplier à l’infini le nombre de photos prises et de les consommer dans l’instant, abolissant le rapport initial au temps du processus photographique. Autre changement majeur, l’immense majorité des images se regarde désormais sur des écrans, et singulièrement sur nos smartphones, et non plus sur papier.

Ainsi en 30 ans l’univers de la photographie a radicalement changé. C’est ce changement que j’ai voulu questionner à travers le projet « POLARO?DS ». Il s’agit d’utiliser une photo Polaroid pour la transmuter en utilisant les technologies numériques, pour in fine revenir au papier à travers le tirage exposé, donné à voir. Concrètement le point de départ est un Polaroid que j’ai réalisé, qui est ensuite photographié avec un appareil numérique ou un smartphone, puis mis en scène, retouché, recadré, retraité, et enfin tiré en grand format, comme pour revenir au commencement. Ce mode opératoire cristallise et amplifie alors un jeu d’opposition entre l’ancien monde de la photographie et celui d’aujourd’hui, ce qui je l’espère incitera le spectateur à réfléchir aux mutations de l’image et à sa propre pratique. Par ailleurs, les images finales, aux frontières de l’abstraction, vous entraîneront peut être sur un jeu de piste ludique et stimulant (« qu’est-ce ? ») qui je le souhaite vous procurera simplement de l’émotion et du plaisir.

Du mercredi 31 janvier au samedi 20 avril
Entrée libre
Du mardi au vendredi 15h-19h | samedi 14h30-18h30
Espace culturel Robert-Doisneau

Vernissage le mardi 13 février – 19h
Entrée libre

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Mise à jour le : 20 décembre 2023